Apnée sous l’eau : stop aux défis dangereux chez les enfants

par
Emily Bennett
June 7, 2026

Si vous avez vu des enfants retenir leur souffle sous l’eau, faire de longues apnées ou hyperventiler avant un « concours », sachez qu’un vrai danger existe : le shallow-water blackout chez l’enfant, aussi appelé syncope hypoxique en eau peu profonde. Ce n’est pas qu’un terme effrayant : c’est une perte de connaissance brutale sous l’eau, parce que le cerveau n’a plus assez d’oxygène. Cela arrive souvent après avoir trop respiré (hyperventilé), retenu son souffle et dépassé les signaux d’alerte du corps. Comprendre pourquoi cela survient, pourquoi hyperventiler et faire des concours d’apnée est risqué, et quoi faire à la place peut sauver des vies – que ce soit à la piscine municipale, en club affilié à la FFN, ou pendant la natation scolaire.

Qu’est-ce que le shallow-water blackout (explication simple)

Le shallow-water blackout survient quand quelqu’un « s’évanouit » sous l’eau. La cause : une chute de l’oxygène au niveau du cerveau après une apnée trop longue. Beaucoup pensent qu’hyperventiler avant de plonger « recharge » en oxygène. En réalité, l’hyperventilation fait surtout baisser le dioxyde de carbone (CO₂), sans augmenter beaucoup l’oxygène. Or c’est le CO₂ qui déclenche l’envie de respirer. Si son niveau chute trop, l’alerte disparaît : on ne ressent plus le besoin de remonter… et on peut perdre connaissance sans signe avant-coureur. C’est particulièrement dangereux entre 6 et 12 ans, âge où les enfants aiment les jeux et défis sous l’eau sans comprendre ce mécanisme naturel. Des sources fiables comme la Croix-Rouge américaine rappellent que cela peut arriver même à de bons nageurs, en pleine forme. (Croix-Rouge américaine (article en anglais))

Pourquoi hyperventiler + faire des concours d’apnée est risqué

Quand un enfant (ou un adulte) hyperventile avant de plonger, son taux de CO₂ baisse trop. L’envie de remonter diminue, l’oxygène chute, et la syncope peut survenir – même à faible profondeur. Les défis du type « qui tient le plus longtemps » ou « qui fait la plus longue longueur en apnée » sont particulièrement dangereux. Swim England avertit que les répétitions de longueurs sous l’eau ou d’apnées, associées à l’hyperventilation, peuvent mener à une perte de connaissance. (Swim England (article en anglais))

Même des jeux « ordinaires » en piscine municipale ou des défis sur les réseaux sociaux peuvent conduire à une syncope hypoxique (aussi appelée Underwater Hypoxic Blackout, UHB). United Educators explique que l’UHB survient quand le nageur ne reçoit plus le signal de respirer et glisse dans la perte de connaissance – croyant à tort être encore « en sécurité ». (United Educators (article en anglais))

Certains entraînements normalisent encore les « séries hypoxiques » (apnées répétées pour améliorer la « capacité pulmonaire »). Mais chez les enfants, dont le corps est en développement, les risques de lésions cérébrales ou de noyade sont bien réels. Plus on répète, plus le danger augmente. Des fédérations comme Swim England rappellent d’éviter ces pratiques chez les jeunes. (Swim England (article en anglais))

La surveillance doit être active. Ne laissez jamais un enfant nager seul. Sous l’eau, un adulte de confiance (parent, MNS, éducateur) observe en permanence, repère toute immobilité anormale au fond ou au mur. Apprenez aux jeunes nageurs à respirer dès qu’ils en ont besoin, jamais à « forcer » pour tenir plus longtemps. Dans le cadre structuré, des programmes comme le Programme en 10 semaines (https://www.swimy.org/fr/programme-de-10-semaines) aident les parents à enseigner la natation en sécurité, en développant endurance, technique et aisance sans apnées dangereuses. À l’école, la natation scolaire vise l’« attestation du savoir-nager » : parlez-en avec l’enseignant et les MNS.

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Des alternatives plus sûres : se challenger sans danger

Vous voulez que vos enfants apprennent, progressent, se dépassent – sans sacrifier la sécurité. Voici des moyens plus sûrs de développer les compétences et la confiance en natation, sans apnées risquées.

Glissés « fusée » avec reprise d’air immédiate

Plutôt que de voir « qui tient le plus longtemps », proposez des départs muraux en position gainée type « torpille » (streamline). Pousser fort, glisser droit quelques mètres, puis reprendre de l’air tout de suite. On travaille le contrôle, l’alignement et la technique sous l’eau. Le défi devient : « Mon glissé est-il propre ? Est-ce que je reste droit, avec peu d’éclaboussures, en gardant la forme ? » au lieu de « Combien de temps sans respirer ? »

Travail sous l’eau court et limité dans le temps ou la distance

Si l’on pratique des segments sous l’eau, ils doivent rester très courts : quelques secondes ou une très courte distance. Pour les 6–12 ans, les recommandations (notamment citées par Swim England) sont de limiter les apnées à une fois, sur courte distance, sans séries répétées. Toujours sous surveillance active. Interdiction d’hyperventiler, et remontée bien avant toute gêne. (Swim England (article en anglais))

Remplacer les concours par des jeux techniques

Transformez les jeux d’apnée dangereux en défis techniques : Qui pousse du mur le plus droit ? Qui bat des jambes le plus vite en streamline ? Qui glisse proprement sans bulles ? On garde l’esprit de jeu, mais on respire naturellement et fréquemment. Objectif : position du corps, équilibre, mouvement fluide.

Règles et surveillance : le rôle des parents

À la maison comme à la piscine municipale, fixez des règles claires : pas de jeux d’apnée, pas d’hyperventilation, on remonte dès qu’on en ressent l’envie. Non négociable. Expliquez à votre enfant ce qu’est le shallow-water blackout, et pourquoi on ne « sent » pas toujours venir le problème.

À quoi ressemble un shallow-water blackout et que faire

Il n’y a pas toujours de signes bruyants. Souvent c’est silencieux. Un enfant descend, semble aller bien… puis ne remonte pas. Lèvres bleutées, mouvements involontaires possibles. Si quelqu’un est immobile, supposez un problème. Sortez-le immédiatement de l’eau, appelez le 15 (SAMU) ou le 112, commencez la RCP si nécessaire. Même en cas de « réveil », un examen médical est important : l’eau inhalée peut provoquer des complications respiratoires retardées.

Les éducateurs, MNS et entraîneurs (clubs affiliés à la FFN compris) doivent connaître ces risques. Le règlement intérieur doit interdire les concours sous l’eau fondés sur l’apnée et l’hyperventilation préalable. Tous les encadrants doivent faire respecter ces règles. (United Educators (article en anglais))

En résumé : compétences, sécurité et natation plus futée

Challenger les enfants est essentiel à leur développement – entre 6 et 12 ans, ils ont besoin de se dépasser et d’être fiers d’eux. Mais certains défis sont dangereux. Le shallow-water blackout est évitable.

Remplacez les défis d’apnée par des objectifs techniques. Refusez l’hyperventilation. Instaurez des règles nettes : pas de jeux d’apnée. Gardez une surveillance rapprochée. Et privilégiez un apprentissage structuré et progressif, comme le Programme en 10 semaines, pour construire la confiance en toute sécurité.

Respirer est naturel. Le jeu dans l’eau doit rester une joie, pas un risque. Apprenez aux enfants à aimer l’eau – et à respirer, toujours.

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